Le taillis sous futaie

Description

D’une surface d’un peu plus de 40ares, le taillis sous futaie est composé uniquement de feuillus principalement des chênes, des hêtres et des charmes mais également quelques érables, aulnes, ormes et merisiers.
Le taillis est composé de charmes, d’érables champêtres et des noisetiers avec également quelques arbustes : aubépines et cornouillers.
Le bois est situé dans une pente assez forte de 25-30% avec une exposition Nord-Est.

Le bois est traversé par une source/ru

Notre parcelle boisée contient également quelques affleurements rocheux.
Un affleurement est un endroit où la roche est visible, c'est à dire affleure au niveau du sol. Ces affleurements sont très présents dans les zones montagneuses par exemple. Par contre ils ne sont pas très courants en Wallonie car la roche est très souvent recouverte par un sol (qui provient partiellement de la décomposition de la roche sous-jacente).
La roche qui affleure dans notre bois est du grès, roche composée de petits grains très souvent de nature siliceuse (quartz). Cette roche très dure est très utilisée pour la construction des maisons. Effectivement, quasiment toutes les anciennes maisons du village le plus proche sont construites en moellons de grès.

Travaux d'aménagements

Dans le cas des boisements indigènes déjà bien en place (c’est le cas de ce taillis sous futaie), la gestion la plus simple et la plus efficace, tant en termes d’investissements qu’en terme de résultats pour la biodiversité, consiste à laisser la forêt évoluer naturellement (gestion conservatoire).

Nous ne prévoyons donc aucun aménagement particulier si ce n’est à un endroit où une dizaine de gros épicéas ont été abattus par les propriétaires précédents, la plantation de quelques poiriers sauvages et d’autres arbustes à baies comme sorbiers, sureaux, aubépines, ….

Aux endroits où des arbres ont été abattus ou sont tombés en raison du vent, nous laisserons des « trouées » (petites clairières).
Dans ces zones, la présence d’une plus grande quantité de lumière permet le développement de plantes (épilobe en épi, séneçon de Fuchs, digitale, …) et de fourrés (ronces par ex).
Nous y effectuerons un débroussaillage tous les 3-4ans en vue de freiner la dynamique forestière (recolonisation de ces espaces par les arbustes puis les arbres) dans ces petites clairières.

Il est également important de savoir qu’environ un quart de la biodiversité forestière est dépendante du bois mort !
Les précédents propriétaires ont coupé des arbres qu’ils n’ont pas pu extraire complètement de la parcelle principalement en raison de sa forte pente.
Nous laisserons donc une grande partie de ces arbres couchés sur le sol, tandis qu’à d’autres endroits nous avons rassemblé des branches mortes en tas.
La parcelle boisée disposera ainsi de suffisamment de bois morts au sol. Afin d’y attirer certains animaux cavernicoles (comme les pics, certaines chauves-souris, la martre, l’écureuil, ….).
La seconde forme de bois mort est le bois mort sur pied. Nous avons seulement recensé deux arbres morts.

En limite de la parcelle boisée, afin de constituer une délimitation par rapport au sentier forestier, nous avons aménagé une fascine sur une longueur d’environ 25m.
Une fascine est un entassement de branches. Dans notre cas, la fascine a une largeur d’environ 50m. Nous avons planté des piquets en quinconce à raison d’un piquet tous les 120cm. Les branches (coupées dans le cordon rivulaire du bief) ont été entassées entre les piquets et nous y avons également disposé des plantes fauchées dans la zone humide lors de la fauche automnale. Cette fascine devrait constituer un petit biotope favorable à de nombreux animaux tels que le hérisson, le rouge-gorge, le troglodyte, l’orvet, …


Le taillis sous futaie est un peuplement forestier constitué de deux niveaux de végétation bien distincts. D’une part la futaie, c’est-à-dire les grands arbres (chênes, hêtres, … par exemple) et d’autre part le taillis, soit les petits arbres et les arbustes qui poussent à l’ombre des grands arbres (par exemple : charmes, noisetiers, …).

La menace principale qui concerne ce type de biotope forestier est la « mise à blanc »c'est à dire l’abattage de tous les arbres présents dans une parcelle forestière afin de permettre une future plantation de jeunes plants d’arbres.
Au début du siècle précédent, de nombreuses parcelles feuillues ont ainsi été transformées en plantations d’épicéas plus rentables pour le propriétaire.
Lors d’une « mise à blanc » tous les animaux et végétaux inféodés à un biotope forestier sont privés de leur écosystème et doivent trouver refuge à d’autres endroits.





Une photo de l'espèce parapluie


Espèces végétales caractéristiques : le seneçon de Fusch, la digitale, la mercuriale vivace, la jonquille, la ficaire, le gouet tacheté, la parisette, le mélampyre des prés, …

Espèces animales caractéristiques : l’écureuil, la sitelle, le pic noir, la cigogne noire, la noctule, les oreillards, le bousier, le grand mars changeant, …

Sur les affleurements rocheux, nous avons observé deux fougères : le polypode et la doradille (Asplenium sp.).